Un projet aux multiples dimensions

Le projet OSMOSE vise l’amélioration de la relation université entreprise. En effet, pour les établissements d’enseignement supérieur, la coopération avec le monde du travail, et plus généralement avec la société civile, est désormais une nécessité. En Europe, cette prise de conscience, renforcée par le processus de Bologne, a trouvé toute sa place dans la stratégie de Lisbonne (Conseils européens des 23-24 mars 2000 et 25-26 mars 2004) visant à faire de l’Europe la société la plus compétitive au monde. Basée sur le savoir, cette stratégie, implique pour l’université un développement harmonieux et cohérent autour de trois axes fondamentaux, formation, recherche et innovation, ces aspects se retrouvent dans l’Agenda de modernisation de l’université matérialisé par les communications de la Commission (COM(2005)152 et COM(2006)208).

Ce besoin de rapprochement et de collaboration entre l’université en charge de l’“éducation” et les entreprises en charge de l’“économie” représente également une priorité pour les pays du Maghreb de plus en plus concernés par l’adéquation formation emploi et par le rôle de l’université comme locomotive de développement. En particulier après le constat de l’augmentation régulière des diplômés chômeurs et le besoin de plus en plus pressants de cadres qualifiés pour améliorer la compétitivité des entreprises du sud de la méditerranée à la veille de l’ouverture des frontières

Au Maroc, la loi 01-00 promulguée en 2000 a donné à l’université les bases légales pour engager la coopération université-entreprises. En particulier, l’article 1 de cette loi désigne l’innovation comme l’une des missions essentielles de l’université, l’article 3 aborde les questions de la formation continue et de la contribution au développement global du pays, et l’article 7 précise les outils mis à disposition des universités pour contribuer au développement économique du pays.

En Tunisie, la loi n° 2008-19, promulguée en 2008, et relative à l’enseignement supérieur abonde également dans ce sens, en particulier au travers des articles 2, 7, 8 et 12.

En Algérie, la loi 08-05 du 27 février 2008 a fixé comme objectif l’élaboration de textes réglementaires de création des filiales à caractères économiques auprès des universités. De plus, le Rapport national sur la recherche scientifique et le développement technologique, MESRS du 19-20 mai 2008 page 23, dressé lors des Assises nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche recommande la création d’un système de recherche et de développement dynamique s’articulant autour des Pouvoirs publics, des entreprises, des instruments financiers et des Entités de recherche

Le dispositif législatif décrit ci-dessus a permis de créer un cadre juridique indispensable à l’intégration de l’université dans son environnement socioéconomique, mais la concrétisation de cette intégration nécessite la mise en place de structures dédiées et la formation de ressources humaines qualifiées pour favoriser ce rapprochement. De nombreuses actions ont été menées pour atteindre cet objectif.

Le projet OSMOSE propose, à partir des compétences avérées des partenaires européens et de l’expérience acquise par les partenaires marocains et tunisiens dans le cadre des projets Tempus STIMU et UNILINK et de la structuration mise en place par les universités algériennes de formaliser cette démarche et d’en capitaliser les mécanismes.

Les ressources de l’université doivent être rendues plus visibles pour conforter dans la durée le lien entre recherche publique et besoins des industriels. Cet aspect implique la prise en compte permanente des sensibilités et des attentes aussi bien de l’université que des entreprises. C’est pourquoi un des enjeux essentiels du projet OSMOSE consiste à construire des relations de confiance entre l’université et les entreprises afin de réunir toutes les conditions susceptibles d’aboutir à de véritables partenariats structurés et pérennes.